CINE – Projection privée « Iranien » de Mehran Tamadon

Iranien

De nos jours, une maison perdue à Qom. Un athée iranien Mehran, confronte ses idées à celles de quatre mollahs. Les convaincre de dialoguer n’a pas été chose aisée. Mais ils sont bel et bien là aujourd’hui face à lui. Entre les cinq protagonistes pas d’animosité. Au contraire, plutôt de la bienveillance et un respect mutuel.

Malheureusement, on comprend vite que les deux camps ne pourront jamais s’entendre. La vision occidentale face au monde oriental. La république islamique et la république tout court. Avec une question importante qui pousse à la réflexion : pourquoi préférer la dictature de la laïcité à celle de l’Islam.

Mehran tente de réfléchir à un espace où ils pourraient tous vivre ensemble. Beaucoup de questions sont posées alors, peu trouvent des réponses. Pourquoi imposer le port du voile ? Peut-on écouter de la musique, et plus particulièrement une voix féminine ? Le dialogue semble se heurter à un mur : le contrôle du corps, la peur du plaisir, la tentation. « La liberté des uns s’arrêtent là où commence celle des autres » Heureusement le huis clos respire et s’accorde des moments de détente en cuisine ou au jardin ce qui nous permet de voir les mollahs sous un autre jour et de voir qu’ils blaguent et rient aussi pour ceux qui en douteraient encore.

Ce film n’a pas de message précis mais donne une vision de ces deux mondes toujours opposés. Opposés sur les idées mais pas opposés au dialogue, là se situe la force du film.

 ==> Présence de Mehran Tamadon

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Mehran Tamadon Les cinémas CAPITOLE – Nyon

Le réalisateur, un homme décomplexé et rieur est venu après la projection de son film. Il paraît important pour lui d’être là, d’expliquer sa démarche et de dialoguer avec les spectateurs. Il évoque son premier film « Bassidji » les difficultés de tournage en Iran, la confiscation à maintes reprises de son passeport.

Il a le regard rieur mais en lui semble planer une douleur : celle d’un exilé iranien en France, un homme qui parce qu’il n’est pas musulman ne semble pas pouvoir s’épanouir dans son propre pays. D’où l’importance de ses films, qui le font exister en tant qu’Iranien. Des longs-métrages dans lesquels ils expriment ses oppositions, sans jugement, mais avec habilité et intelligence