CINE – PROJECTION PRESSE « Amy » d’Asif Kapadia

Amy_Movie_Poster Je pensais bien connaître Amy Winehouse : cette grande femme longiligne, aux cheveux crêpés noirs de jais ramenés en choucroute, aux nombreux tatouages et à l’eye liner qui pointe vers l’infini. Une jeune femme au look de pin-up trash qui semblait faire partie de mon quotidien, affichée ostensiblement sur toutes les pages des magazines, elle qui tournait régulièrement en boucle à la radio avec plusieurs de ses titres bien connus comme « rehab »  ou « «back to black ». A la fin de ce documentaire, je me suis rendue compte que je ne connaissais rien d’elle, rien de ce qui faisait sa vie. Une existence décousue qui démarre dans les quartiers nord de Londres, une enfance baignée par de doux accords de jazz. Très jeune déjà, elle dénote, son fort tempérament la caractérise : ne trouvant personne de suffisamment intéressant à écouter, elle crée sa propre musique et écrit à cause ou plutôt grâce à ses déboires amoureux. Dès le début du film, on sent une jeune fille perdue, en marge, élevée plus par la rue et la rigueur des studios, que par une mère incapable de lui imposer des règles et un père trop souvent absent. Un premier album Frank peu connu et déjà une dépendance malheureuse à l’alcool. Pas de rehab, non, non, non elle poursuit sa carrière au lieu de se faire aider. Les maux s’enchaînent, la célébrité la percute, son amour pour Blake Fielder-Civil, qui l’initiera aux drogues dures, finira par la détruire. amywinehouse.jpg.size.xxlarge.letterbox C’est un documentaire raconté de manière chronologique, très bien fourni avec des images d’archives personnelles rares qui nous dévoilent des moments de vie de la chanteuse en toute intimité. Les commentaires en voix off de ses proches apportent une vraie plus value au film : comme son petit ami Blake ou encore son père qui depuis a déclaré ne pas vraiment avoir apprécié le film. (Vous comprendrez pourquoi …) Quand le documentaire a pris fin, je n’ai pu m’empêcher de ressentir un certain gâchis face à ce triste destin. Qui aurait pu l’aider ? Pourquoi était-elle si mal entourée ? Des réponses qui arriveraient maintenant trop tard … Alors on se met à réécouter ses titres et à redécouvrir ses textes avec plus d’attention et on a un pincement au cœur pour cette jeune femme tellement douée et dotée d’une voix sensationnelle qui fait désormais tristement partie du club des 27, ces artistes influents morts trop jeunes. « Amy » un documentaire d’Asif Kapadia – sortie en salles le 8 juillet 2015