CINE – PROJECTION PRESSE « FLORIDE » DE PHILIPPE LE GUAY

Floride

J’avais eu la chance de voir la très touchante pièce de théâtre de Florian Zeller « Le père » avec Robert Hirsh. C’est donc avec plaisir et curiosité que je me suis rendue à la projection de ce film qui en est inspiré, et je peux vous dire d’emblée que je n’ai pas été déçue. Pourtant soyons clairs, l’histoire, elle, est bien sombre : celle d’un homme âgé, trop fragile pour se débrouiller seul, mais encore trop malin pour se laisser volontairement enfermer dans une maison de retraite. Face à cette situation, sa fille qui a du mal à construire sa vie, semble démunie, partagée entre le devoir de s’occuper de son père et son envie d’indépendance. Le vieil homme est brillamment interprété par un Jean Rochefort au top de sa forme : notons qu’il joue ici un homme de 80 ans atteint d’Alzheimer alors que lui même en a 85 ! Aux dernières nouvelles, il semble se porter comme un charme, et tant mieux ! Ses pointes comiques, ses caprices et sa douce folie rendent le film terriblement touchant sans presque jamais tomber dans le pathétique ou le drame. Aussi et surement, parce que le réalisateur a fait le choix de mettre en images la maladie du vieil homme sous forme de rêves. Comme plongé intérieurement dans ses songes, nous sommes complices de ses péripéties et non les simples observateurs d’un homme en souffrance. On aurait voulu une Sandrine Kiberlain tout aussi fantasque, moins passive, et Dieu sait qu’elle en est capable. Malheureusement dans ce film, elle manque quelque peu de relief, se contentant de jouer la pauvre fille désemparée. Que retenir ? Un film particulièrement touchant sur la difficulté de voir ses parents vieillir et les choix que l’on doit faire à notre tour pour eux, un Jean Rochefort magistral mis en valeur par une réalisation habile et particulièrement bien pensée.

« Floride » de Philippe Le Guay avec Jean Rochefort, Sandrine Kiberlain, Anamaria Marinca, Laurent Lucas

En salles le 12 août en France / le 19 août en Suisse

Et voici en bonus, un extrait de la pièce de Florian Zeller dont le film est inspiré :