CINE – DVD CLASSIQUE « Fedora » de Billy Wilder

fedora

Quand on visionne « Fedora » on se dit avec admiration que le génie de Billy Wilder a encore frappé ! Fedora était une immense actrice, adulée, enviée mais retirée depuis plusieurs années du cinéma après un départ précipité autant qu’inexpliqué en plein milieu d’un tournage. Un producteur fauché va alors tenter de la rencontrer pour lui proposer un nouveau scénario, ce qui signerait pour les deux personnages un retour fracassant sous les feux des projecteurs. Mais la situation s’avère plus complexe que prévue, l’actrice étant enfermée par une comtesse dans une maison isolée sur une île près de Corfou. Détenue dans cette forteresse, il semble impossible de la rencontrer. Qu’a cela ne tienne, le producteur va se muer en enquêteur, bien décidé à franchir les murs de la maison et percer le mystère … Ici encore, tout n’est qu’apparences, leurres et illusions. Attendez vous à de multiples rebondissements. A l’image de « Témoin à charge » ou « Assurance sur la mort » le scénario de « Fedora » est admirablement bien ficelé. Mais c’est sans conteste à « Boulevard du crépuscule » qu’il ressemble le plus. Tout d’abord, parce le film débute par une mort tragique. Ensuite, parce que l’histoire est racontée à l’aide de flashbacks, enfin, et le détail peut prêter à sourire, le fil conducteur est le même pour les deux films : un personnage central, William Holden. Notons ici néanmoins que la situation est inversée. Le producteur influent dans le premier film, est devenu ruiné, et l’actrice qui voulait à tout prix revenir sous les projecteurs semble ici plutôt les fuir. Dans cette avant-dernière réalisation, Billy Wilder ne semble pas encore avoir tout à fait fini de régler ses comptes avec Hollywood et signe à nouveau une critique acerbe sur le monde du cinéma et la recherche de la jeunesse éternelle. Une histoire très sombre, très cruelle, atténuée comme dans la plupart des films du réalisateur, par des situations cocasses qui nous font rire, ici avec le concierge, apportant cette légèreté dans le drame, la signature de Billy Wilder.

« Fedora » de Billy Wilder avec Marthe Keller et William Holden – 1978 – Version restaurée