CINE – PROJECTION PRESSE « BOOMERANG » DE FRANÇOIS FAVRAT

boomerang

Je dois l’avouer, j’attendais ce film depuis plusieurs mois. Parce que j’adore le style de Tatiana de Rosnay et que je voulais voir comment allait être l’adaptation cinématographique et ainsi savoir si elle allait me toucher autant que le livre. J’interromps le mystère dès maintenant : je n’ai pas du tout été déçue.

Le réalisateur François Favrat a su raconter deux histoires en même temps, semblant veiller à ce que l’une ne prenne pas le pas sur l’autre, mais se complètent. Il y a d’abord le quotidien abimé d’un homme fraîchement séparé, maladroit avec ses deux jeunes ados, perdu face à l’amour mais qui semble avoir droit à une seconde chance. Et puis il y a l’autre histoire, celle mise plus en avant dans le film, celle de la recherche de la vérité : quel mystère se cache autour de la mort de la mère ? Avec pour chacune en filigrane, le nécessaire besoin de se méfier de l’effet boomerang, objet qui une fois lancé peut vous revenir en pleine figure.

Le film est une réussite. Au point de vue du casting déjà. Laurent Lafitte est convaincant dans le rôle du jeune père perdu, recherchant avec acharnement des indices sur son passé, persuadé qu’on lui cache la vérité. Sa sœur, interprétée par Mélanie Laurent, est toute en fragilité, distante mais aimante, attentive aux émotions de son frère. Audrey Dana complète merveilleusement bien ce duo, par sa force de caractère et sa singularité. François Favrat a su mettre habilement en scène cette crise familiale, ces douleurs refoulées, et ces choses qu’on ne dit pas évoquant également avec sensibilité l’homosexualité et les questions autour de la perte d’un proche et la force nécessaire que l’on doit puiser au fond de soi pour continuer à vivre.

« Boomerang » de François Favrat avec Laurent Lafitte, Mélanie Laurent