INTERVIEW – NOEMIE SCHMIDT

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Il est 9h du matin et j’ai rendez-vous au bar de l’hôtel. Je la vois arriver, d’un pas décidé. Elle a l’allure d’une ado, le look d’une ado, mais quand elle me regarde et qu’elle me parle je n’ai plus l’impression d’être face à une jeune fille de seulement 23 ans. Noémie Schimdt est une jolie fille, naturelle et souriante. Un thé sucré et quelques amabilités plus tard, nous débutons l’interview.

Je lui demande de me raconter son premier contact avec Yvan Calbérac, le réalisateur de « L’étudiante et Monsieur Henri »

Elle m’avoue que ce n’est pas lui qui l’a contactée directement. C’est son agent qui l’a envoyée sur le casting. Elle a lu le scénario, avait trois ou quatre scènes d’essai. Yvan était présent ce qui est assez rare puisque normalement, seul le directeur de casting est là. Il était sur place pour lui donner la réplique et avait envie de rencontrer les acteurs qu’il castait. Ca a duré une heure, puis elle est repartie. Pendant six mois elle n’a pas eu de nouvelles, puis il l’a appelée, lui disant qu’elle jouerait le rôle de Constance et que Claude Brasseur interpréterait le rôle de Monsieur Henri. Elle ne s’y attendait plus. Elle pensait même que c’était foutu. Elle était donc très émue, et même particulièrement stressée car il ne lui restait plus beaucoup de temps pour se préparer.

Je l’interroge pour savoir ce qui lui a plu, ce qui l’a touchée dans le rôle de Constance

Ce qui lui a plu, c’est que ce n’est ni un personnage tout rose, ni un personnage tout noir. Une jeune femme solaire avec un côté battant, qui ne se laisse pas démonter. Elle en veut et en même temps elle n’a pas confiance en elle. Elle a une blessure, son rapport avec son père, qui fait qu’elle ne croit pas en elle et en ce qu’elle fait. Cette rencontre avec Monsieur Henri va lui permettre d’évoluer et de devenir une jeune femme. Le scénario lui a plu, teinté d’humour et d’émotion. Un super challenge pour elle : l’idée de faire rire mais aussi de toucher. Elle a du jouer la femme fatale, l’émotion, jouer aussi une personne qui joue un autre rôle, une mise en abîme intéressante.

Sa biographie est quelque peu méconnue, je lui demande de me raconter son parcours

Elle a commencé le théâtre à 10 ans, une vraie passion. Puis elle a pris des cours de chant au conservatoire de Sion en Suisse. A 18 ans, elle part pour Bruxelles dans une école de théâtre. Un apprentissage surtout gestuel fait de mimes et de masques.

Nous parlons alors musique, instruments, piano. Est-ce elle qui joue du piano dans le film ?

Elle joue dans le film les débuts de chaque morceaux, puisqu’elle a pris des cours avec le compositeur de musique du film. Elle a même pu avoir un piano chez elle pour s’entraîner. Elle a des bases de solfège, puisqu’elle a fait du chant. Mais elle n’avait pas le travail des mains, alors elle a fait des gammes tous les jours. Chaque début de scène, c’est elle qui joue, mais elle est ensuite doublée par une professionnelle.

J’évoque sa première rencontre avec Claude Brasseur. Comment s’est-elle passée ? Quel souvenir en garde-t-elle ?

Pour leur première rencontre, elle s’est rendue au théâtre. Il jouait « La colère du tigre ». Elle l’a vu à la fin de la représentation. C’est à ce moment précis qu’il s’est amusé à la tester. Il voulait savoir si elle avait bien lu le scénario, ce qu’elle en avait pensé, ce qu’elle avait fait avant, si elle avait fait du théâtre… C’était très important pour lui qu’elle ait fait du théâtre, ca a même du le rassurer, songe-t-elle.

Une rencontre un peu à l’image de celle du film … Elle rit … Sauf qu’il est plus sympa que Monsieur Henri me dit-elle. Au fil des répétitions et des lectures, ils se voyaient tous les jours et elle avoue que c’était un réel bonheur de jouer avec lui, qu’il était toujours juste, et qu’il travaillait à un rythme incroyable. Petit à petit, il l’a invitée dans sa loge, il lui a raconté pleins de choses, il était très gentil avec elle. Il lui a conseillé de toujours faire du théâtre. Parce que c’est lui qui vous fait garder votre humilité, qui vous maintient la tête sur les épaules, et grâce à qui vous conservez la valeur travail. Mais elle avoue beaucoup aimer le cinéma, parce qu’il provoque en elle moins de trac.

J’évoque avec amusement la drôlerie du couple formé par Guillaume de Tonquédec et Frédérique Bel. Quand on joue avec eux, est-il difficile de garder son sérieux ?

Frédérique est très drôle. Elle a un côté folle, un peu dingue. Elle nous conseille de voir « La minute blonde » ou « Vilaine » où elle est complètement incroyable. Guillaume est encore plus drôle dans la vie que lorsqu’il joue son personnage. Il l’a faite mourir de rire, de part son flegme, m’explique-t-elle, son humour un peu anglais, très détaché, qui marche très bien. Dans son rôle il est un peu maladroit, mais dans la vie il ne l’est pas, il est très sûr de lui, il est très humble. C’est un personnage à part entière. Il est très gentil, très généreux et c’est rare dans ce métier.

Je l’interroge sur ce défi qui lui est imposé dans le film. Draguer le fils de Monsieur Henri pour rester loger dans l’appartement. En serait-elle capable dans la vraie vie ?

Elle me dit qu’elle ne pense pas pouvoir aujourd’hui être capable de faire ça. Peut-être plus jeune, mais plus maintenant. Elle aime dans ce rôle le côté roublard de Constance qui aime tricher et mentir. Elle avoue que c’est peut-être son coté suisse, mais qu’elle ne sait pas très bien mentir.

Le message du film porte sur l’importance de faire ce que l’on aime, de se dépasser, de ne jamais baisser les bras malgré les échecs. Je lui demande si ce sont des idéaux qui lui parlent.

Ce qui l’a touchée dans ce scénario c’est l’idée de trouver sa place dans la vie, sur l’importance de trouver sa voie. Comment aussi savoir s’émanciper de ses parents, et peut-importe son l’âge puisque pour Paul, c’est à quarante ans que ça se produit. Elle est persuadée qu’il faut décider de sa vie, de ce qu’on veut faire. Comme lorsqu’elle a décidé d’être comédienne. Elle souligne l’importance de se donner les moyens d’arriver à atteindre ses objectifs, ce qui lui permet de pouvoir dire qu’elle est heureuse aujourd’hui.

Je termine l’interview en la questionnant sur ses prochains projets

Un petit rôle dans « For this is my body » de Paule Muret, réalisatrice valaisanne.

Puis en novembre, la série Versailles débutera sur Canal +. Elle y elle joue la belle sœur du roi Louis XIV qui au début de sa vie était aussi sa maîtresse. Une relation incestueuse et interdite. Une expérience qui l’a marquée. Budget faramineux, trois caméras en permanence, de splendides costumes du XVIIème siècle. Elle avait des coiffures improbables, faites de bijoux, mais aussi des capes, des chaussures. Quand elle était petite, elle rêvait d’avoir des robes pareilles. Avec des étoiles dans les yeux, elle évoque ces scènes de banquet comme à l’époque.

Elle s’est documentée sur le rôle d’Henriette. La production lui a conseillé de s’intéresser à Louis XIV et à son rapport aux femmes. Mais également sur Henriette et sur son destin si particulier. Une femme mariée à un homosexuel qui ne veut pas d’elle et qui la déteste. De son côté elle est folle de Louis XIV, mais lui a beaucoup d’autres maitresses.

Enfin, en la quittant elle me parle de son amour pour Romy Schneider, qu’elle a adoré dans Sisi et ses autres films. Elle a envie de faire du théâtre, continuer à faire du chant et mener les choses de front, afin de trouver sa place comme Constance dans le film.

Je la quitte avec le sourire, laissant derrière moi une jeune fille volontaire, passionnée, pleine de projets. J’ai hâte de pouvoir la recroiser en interview ou sur grand écran.

« L’étudiante et Monsieur Henri » d’Yvan Calbérac – En salles le 7 octobre

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Yavan Calbérac – Noémie Schmidt – Claude Brasseur

Ne la ratez pas dans la série « Versailles » de Canal +, elle est sublime  :