LIVRE – « Le crime du comte Neville » d’Amélie Nothomb

le crime du comte neville

Amélie Nothomb a encore frappé. Et c’est à nouveau un plaisir. J’ai adoré « Hygiène de l’assassin »,« Stupeur et tremblements» et « Acide sulfurique ». Ici encore, l’auteur nous offre un récit bref mais prenant, tout en bizarreries, une situation loufoque imprégnée d’une douce folie.

C’est l’histoire d’une famille d’aristocrates belges, qui vit sans argent dans un château qui tombe en ruines. Si ils se serrent la ceinture au quotidien c’est pour organiser une Garden Party géante, une fois par année, où tout le gotha belge se réunit. A la Gatsby le magnifique, le comte Neville choie ses invités comme personne. D’autant plus que la fête qui s’apprête à être célébrée sera la dernière. A ce titre elle ne sera donc pas comme les autres mais c’est aussi et surtout, parce qu’elle s’annonce funeste. En effet, selon une voyante, le comte Neville devrait tuer un ses hôtes lors de la fête. Et ce pourrait bien être sa fille.

Attendez vous à être surpris, comme souvent avec Amélie Nothomb qui a ce don pour inventer des histoires rocambolesques, flirtant entre le possible et l’impossible, le réalisme et la chimère. Que décidera le comte Neville ? Quelle peut être sa part de décision quand tout semble déjà écrit ? Dans ce livre, quelques références littéraires donnent envie d’aller plus loin dans la lecture et de se replonger dans « le crime de Lord Arthur Savile » d’Oscar Wilde ou de réétudier la tragédie grecque « Electre »

On se prend au jeu, voulant à tout prix connaître le fin mot de cette histoire et savoir comment le comte Neville réussira à se dépêtrer de cette funeste prédiction. Une fois le livre refermé, comme souvent avec Amélie Nothomb, on aurait aimé un texte plus dense, avec une fin d’intrigue plus détaillée. Mais tant pis, on se contente du peu qu’elle daigne nous offrir tant ce récit est délicieusement plaisant, mêlant le loufoque et le macabre à merveille. Et on se console en se disant que son prochain livre ne devrait plus tarder, puisque depuis 1992, pas une année ne s’est écoulée sans qu’elle publie un nouveau roman.

« Le crime du comte Neville » d’Amélie Nothomb – Editions Albin Michel 2015