CINE – PROJECTION « LOLO » DE JULIE DELPY

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Rien que l’évocation de son nom me réjouit. J’aime la personnalité de Julie Delpy même si je n’ai pas forcément accroché avec tous ses films. J’aime son côté gamine, son franc parlé, ses élans délurés. J’ai suivi avec passion l’histoire d’amour de « Before Sunset » et sa suite « Before Midnight » avec Ethan Hawke. L’idée de voir évoluer une relation après plusieurs années m’avait séduite, et j’avais trouvé les acteurs très justes dans leurs jeux respectifs. J’ai également aimé le très drôle et spontané « Two days in Paris » par contre je dois avouer avoir moins apprécié le second « Two days in New-York ». J’avais donc hâte de voir son dernier film, malheureusement, j’en suis sortie quelque peu déçue.

Julie Delpy joue le rôle de Violette, une mère, éternelle célibataire, qui adule son fils, Lolo, comme un Dieu vivant. Leur relation fusionnelle ne supporte pas la moindre intrusion. C’est pourtant ce qui va arriver quand Jean René, interprété par un Dany Boon surprenant de tendresse, va entrer dans la vie de la mère, puis forcément dans la vie du fils. Ce dernier va passer par les pires stratagèmes pour détruire leur relation et récupérer sa mère qu’il ne veut égoïstement rien que pour lui.

Le film léger et drôle fonctionne grâce au un tendre et épatant Dany Boon. Il excelle dans le rôle du pauvre provincial, fraichement débarqué dans la capitale, benêt mais pas con non plus, qui va subir les pires méchancetés. Karin Viard, qui joue la meilleure copine de Violette est crue, décomplexée, tout simplement géniale. Julie Delpy a par contre du mal à convaincre. Les dialogues avec son fils sonnent souvent faux, comme si on la voyait péniblement réciter son texte, alors qu’on l’aime bien mieux au naturel, sans filtre et sans filet. Lolo, le fils, joué par Vincent Lacoste, n’est pas plus crédible, tant il en fait des caisses : ses airs de minet et son côté artiste en plein spleen sont trop forcés. On notera également au casting comme des clins d’œil, les apparitions sympathiques de quelques guests comme Karl Lagerfeld, Frédéric Beigbeder ou encore Ramzy.

En résumé, mis à part Dany Boon et Karin Viard, le casting péche un peu. C’est dommage car l’intrigue en elle même est convaincante, la chute surprenante et le propos sur cette mère célibataire très actuel et intelligemment exploité. Une comédie grand public qui séduit même si je regrette la Julie Delpy d’avant, celle des films à petits budgets plus personnels, plus barrés, forcément moins consensuels, tellement plus jouissifs.

« Lolo » de Julie Delpy – en salles depuis le 28 novembre