CINE – PROJECTION PRESSE « NOUS TROIS OU RIEN » DE KHEIRON

Nous trois ou rien

Je lis régulièrement les critiques et je dois avouer que je ne suis pas aussi enthousiaste que la majeure partie de la presse à propos de ce film. La bande annonce ne m’avait pas vraiment séduite, mais j’ai tenu à le voir, pour découvrir le bel hommage que Kheiron a tenu à rendre à ses parents.

Sachez pour commencer que ce film retrace l’histoire vraie des parents de Kheiron : leurs aventures, leurs amis, leurs combats. Le film débute en Iran, alors qu’Hibat s’oppose au Shah et milite pour la démocratie. Il passera plusieurs années en prison à cause de ce combat. Mais alors que le Shah quitte l’Iran pour être remplacé par l’ayatollah Khomeiny, l’ivresse et l’espoir des premiers jours laissent place à la déception, la démocratie semblant s’éloigner chaque jour un peu plus. Une nouvelle fois contre le régime, apeurés, en danger, Hibat décide de fuir l’Iran. D’autant plus qu’il n’est plus tout seul : il doit désormais s’occuper de sa femme et de son petit garçon. Débute alors un long périple pour quitter l’Iran par les montagnes turques, dangereux, intense, éprouvant pour enfin atterrir au pays des droits de l’homme, la France. Mais loin de vivre à proximité de la Tour Eiffel, ils vivront dans la banlieue de Pierrefitte. Hibat poursuivra son métier d’avocat tout en s’occupant des jeunes délaissés de son quartier et sa femme, Fereshteh, poursuivra sa carrière d’infirmière. Ils ne retourneront jamais en Iran mais n’auront de cesse de véhiculer un message de savoir vivre et de tolérance.

L’atout majeur de ce film est clairement dans la véracité de son propos : ce sont ces faits qui captivent et enchantent. Rien n’est inventé, tout a été vécu. Les photos en fin de film sont là pour en témoigner. Pour son tout premier film, Kheiron a eu le projet ambitieux de vouloir rendre hommage à ses parents, à leur bravoure et à leur courage et en ce sens ce film est assez admirable. Il est crédible dans le rôle de son père et Leila Bekhti tout en fragilité et en conviction est émouvante dans le rôle de la mère. On notera la présence étonnante mais non moins convaincante de Camélia Jordana, mais aussi d’Alexandre Astier qui interprète un Shah tyrannique et Kyan Kohjandi (série Bref sur Canal +) dans le rôle d’un méchant du régime. On retrouvera également Gérard Darmon et Zabou Breitman, les drôles de parents de Fereshteh dans le film.

Là où le film a eu malheureusement du mal à vraiment me séduire, c’est dans la forme adoptée pour raconter l’histoire : le rire et les larmes. J’ai été émue mais j’ai peu ri, n’étant peut-être pas très sensible à l’humour de l’auteur. J’ai trouvé dommage qu’on alterne souvent si vite entre situations comiques et dramatiques. Ne sachant plus trop sur quel pied danser, je me suis sentie perdue entre les moments forts, la force de cette histoire et ces blagues un peu faciles, un peu redondantes, qui à mon sens, alourdissent nettement le film.

« Nous trois ou rien » de Kheiron – En salles le 4 novembre