LIVRE – SELECTION GRAND PRIX DES LECTRICES ELLE 2016 «Popcorn Melody» D’EMILIE DE TURCKHEIM

PopCorn Melody

A desert road … quelque part perdue dans le Midwest. Un paysage sec, aride, admirablement dépeint. La poussière, la crasse, la solitude, l’errance. On se croirait dans Bagdad café, au bord de la route 66. Sauf qu’ici ce ne sont pas les affres de Brenda que l’on suit mais plutôt la tombée en disgrâce de la supérette de Tom. Ce fils de Barbier, un des seuls de Shellawick qui soit pourtant allé à l’université, à préféré rester près du majestueux Pierrier, et ouvrir un petit commerce plutôt que de quitter sa ville natale et tenter de sortir de ce pétrin. Pour s’évader point de routes, mais des haïkus, poèmes japonais qu’il écrit sur le gros bottin près de sa caisse enregistreuse. Ses clients sont ses muses, mais elles se font de plus en plus rares. Surtout depuis qu’un hypermarché flambant neuf a ouvert pile en face de son commerce. Le début de la fin ? Non plutôt le début d’une autre ère.

A lire la quatrième de couverture on s’attend à une condamnation en règle de la société de consommation. Au final, il n’en est rien. On s’attarde plutôt sur la forme que le fond, les descriptions et non le propos. La plume est belle, fluide, décrivant avec un charme sublime les paysages arides, la nonchalance et le vagabondage de ces habitants qui étouffent, cette petite supérette vieillotte qui a su garder une âme et une certaine chaleur face à ce grand mastodonte de la consommation ultra climatisé. On aime ce livre pour le voyage qu’il nous offre, comme propulsé dans un autre temps, où les aiguilles des montres ne régissent pas le quotidien, pour sa poésie, cette vie au ralenti qui nous berce comme une douce mélodie.

« Popcorn melody » d’Emilie de Turckheim – Editions Héloise d’Ormesson