CINE PROJECTION « DIVINES » DE HOUDA BENYAMINA

Divines

« On n’est pas nés sous la même étoile » comme le disait très justement IAM. Qu’à cela ne tienne, Dounia et Maimouna veulent s’en sortir quand même, elles n’attendront pas la chance bien conscientes que dès le départ comme elles disent « Dieu ne nous a pas reconnues ». Alors elles avancent, comme des bonhommes dans cette cité où le grand rêve est de partir pour Phuket, rouler en Ferrari et obtenir toujours plus de : « money, money money » . Mais le chemin va être long et les obstacles nombreux. Seule activité pour s’en sortir : la drogue. Desoeuvrées un jour, elles vont se retrouver, sans passer par Pole Emploi, sous le joug d’une dealeuse qui les fera bosser à plein temps. Leur rêve semble à portée de main, mais il est bien utopique de penser que lorsqu’on se frotte à pareil caid il est difficile de s’en sortir indemne.

Ca frappe vite, ca cogne fort, ca vise juste. Caméra d’or à Cannes pour ce film qui n’en finit plus de vous donner le vertige, tant il est puissant, créatif et percutant. Le film est bourré de bonnes idées. Merci Houda Benyamina pour ces plans snpachat pour débuter, cette caméra circulaire en contre plongée où l’on sent les tours de la cité écraser les personnages ou encore cette scène magique dans la fausse Ferrari, pleine de fraicheur et de naturel. La musique, très éclectique, rythme le film à merveille alternant rap, sonorités orientales et classiques. Mais difficile de faire un bon film sans de bons acteurs. Inconnues auparavant, Oulaya Amamra (la sœur de la réalisatrice) et Déborah Lukumuena crèvent littéralement l’écran. Par leur complicité, leur tendresse, leur envie d’en découdre. Il y a un peu de « Precious » de Lee Daniels dans ce film sur la noirceur d’une vie, sur cette envie de se battre et de s’affranchir. Plus percutant, vif et nerveux que le « Bande de filles » de Céline Sciamma, ce film allie audace et fureur. Une grosse claque et quelques larmes.

 

« Divines » de Houda Benyamina – en salles aujourd’hui