CINE PROJECTION « FRANTZ » DE FRANÇOIS OZON

 

frantz

François Ozon aime les personnalités complexes, les personnages singuliers, les héros torturés. C’est le cas de Suzanne, cette femme courageuse qui œuvre pour son émancipation dans « Potiche ». C’est aussi vrai pour Isabelle adolescente perdue et tourmentée qui se prostitue dans « Jeune et jolie ». Pareil quand on songe à la folie voyeuriste et pervers de Germain et Claude dans le film « Dans ma maison » ou encore à la quête d’identité sexuelle peu banale de David dans « Ma nouvelle amie ».

Dans son dernier film « Frantz », Francois Ozon s’intéresse à deux personnages touchés par un même drame : la mort de Frantz. Anna, sa fiancée ne parvient pas à faire son deuil, lorsqu’elle rencontre, Adrien, un jeune soldat français, ami de Frantz et particulièrement perturbé par son absence. Sur fond de première guerre mondiale fraichement terminée, blessures, mensonges et sentiments de culpabilité rythment le film.

Une intrigue bien menée, qui tient en haleine le spectateur même si on peut regretter parfois quelques longueurs : le secret si lourd d’Adrien n’est révélé qu’après une heure de film. On s’interroge également sur la pertinence d’alterner noir et blanc et couleur. L’idée aurait pu être séduisante si elle avait eu un réel intérêt… Du côté des acteurs, Pierre Niney se débrouille plutôt bien avec l’allemand qu’il n’avait jamais appris, avec le violon aussi qui nous donne quelques frissons, par contre il est difficilement convaincant dans ce rôle d’ami mystère, surjouant constamment le tourment. Ce n’est qu’une fois libéré qu’il commence à être captivant. Paula Beer est elle impeccable, digne et secrète, toute en retenue et en fragilité.