CINE « RÉPARER LES VIVANTS » DE KATEL QUILLÉVÉRÉ

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Un film vertigineux, dont il est difficile de parler. Un film à voir, à ressentir. Il commence à un rythme effréné. La vie d’un jeune adolescent, ses déplacements quotidiens à vélo, ses premières amours, sa passion pour le surf. Et puis tout à coup ce drame, l’hôpital, les parents désemparés, l’indicible. Le film semble comme freiné. Ailleurs, quelque part en France, une femme vit au ralenti. Son cœur ne fonctionne plus, ses gestes sont lents, sa vie perd de son sens, la mort en ligne de mire. Puis d’un coup, l’espoir renaît. Le film reprend du rythme, une greffe est possible. Avec ce don, la cadence redevient nerveuse, l’opération se prépare, les deux camps anonymes sont sur le qui vive, enfin la vie semble reprendre ses droits. L’un part, l’autre reste. Le premier répare le second.

Ce film est un choc, visuellement et psychologiquement parlant. Les scènes à vélo, puis de surf jusqu’à l’accident sont à couper le souffle. Une réelle puissance se dégage de ces images. Les acteurs jouent juste, le couple formé par Mathilde Seigner et Kool Shen est criant de vérité. Anne Dorval et deux fils sont tendres et sublimes. Tahar Rahim et Bouli Lanners sont simples, sans artifices inappropriés, sans excès. Les scènes cruciales comme l’annonce de la mort, l’acceptation du don et l’après transplantation sont magnifiquement interprétées. Il n’y a pas de longueurs, juste ce qu’il faut. Un film qui touche en plein cœur. Qui donne envie de respirer, de souffler, de courir, de prendre conscience de son corps et d’en profiter. Un drame qui fait étonnement du bien, sans pathos, réaliste, qui fait couler quelques larmes mais qui donne un bon coup de fouet.

« Réparer les vivants » de Katel Quillévéré – en salles actuellement