LIVRE « LOIN DU CORPS » DE LEA SIMONE ALLEGRIA

Loin du corps

La quatrième de couverture a suscité en moi beaucoup de curiosité : « Adrienne vit parmi les œuvres du musée du Louvre. Quand elle devient mannequin au hasard d’une rue de Paris, son univers s’inverse : de spectatrice du Beau elle devient objet. »

L’essentiel de l’œuvre semble résumé en cette phrase. L’héroine va découvrir le terrible monde du mannequinat. Ses femmes minces comme des brindilles, dont le regard semble vide. Une tête belle mais sans âme. Créatures qui apparaissent et disparaissent comme des fantômes sur les podiums, tels de simples porte-manteaux qui ne doivent pas voler la vedette à la pièce haute-couture qu’elles exhibent. Adrienne est happée malgré elle dans ce monde fait d’apparences et de relations superficielles. Son amour pour son petit ami, Sandro, ne la mènera nulle part, son métier ne lui offrira pas plus de satisfaction. Pour quoi vibre alors la jeune femme ? Pour l’art, pour l’histoire de l’art. Les tableaux, les sculptures sont son univers. Perdue au musée du Louvre, au milieu des statues de marbre, elle semble plus à son aise qu’auprès des gens fait de chair et d’os…

Léa Simone Allegria allie avec habileté la mode et l’art. A chaque situation, l’occasion est donnée de citer une œuvre. Un livre sombre mais intelligent, qui donne à lire autant qu’à voir. La plume de l’auteur, mi-naïve mi-incisive, est un régal: « En observant mon reflet dans la dorure du calice, je suis envahie par le sentiment d’assister au mariage de mon image. C’est donc sa victoire que l’on célèbre. Buvez, ma fille. Je finirai bien par me dissoudre. » A découvrir avec son smartphone à portée de main, pour illustrer le texte avec de belles images et rendre la lecture encore plus instructive.