EXPO « LA VIE FOLLE » ED VAN DER ELSEN AU JEU DE PAUME

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Passer à côté d’Ed Van der Elsken, c’est passé à côté d’une vie passionnante. C’est se priver d’un regard unique, d’un esprit engagé. Heureusement, à partir de ce mardi, le musée du jeu de Paume à Paris propose aux curieux la découverte du travail du photographe néerlandais.

Au début de la visite, une photo d’Ed Van der Elsken en pied accueille le visiteur. Muni de son appareil photo, il semble vouloir immortaliser votre réaction lorsque vous découvrirez son univers. D’abord des clichés en noir et blanc de Paris dans les années 50. Les rues embouteillées, un couple, des amants, des mendiants aussi. Il en fera un livre : Une histoire d’amour à Saint-Germain des Près. Ed Van der Elsken affectionne la forme du livre, il en publiera d’ailleurs une vingtaine. A chaque série de photos, un ouvrage.

De son séjour en Afrique, naîtra donc tout naturellement Bagara. Un livre qui relate trois mois de découvertes, au plus près d’habitants vivants dans des villages particulièrement reculés. Le photographe capte des scènes de vie, des traditions et des coutumes. Et quand il lui est interdit de photographier certains rituels, comme l’excision, il demande aux enfants de lui en faire des dessins.

Il entreprendra par la suite un tour du monde avec sa femme. Afrique du sud, Malaisie, Singapour, Hong Kong ou encore le Japon. De ce dernier pays, il tirera l’un de ses plus beaux clichés : une jeune femme, pensive, attendant le métro. Revenu à Amsterdam, il capte la beauté des personnages atypiques de sa ville natale : des sœurs jumelles ou encore une femme à la coiffure « choucroute ». Il provoquera les punks, les junkies et les jolies filles pour filmer ensuite leur réaction.

En 1959, une sublime série de clichés en noir et blanc évoque le succès grandissant du jazz. Chet Baker, Miles Davis ou encore Ella Fitgerald sont immortalisés lors de leur concert. Les photos horizontales sont une référence aux notes tenues de la trompette, tandis que les photos à la verticale évoquent les touches d’un piano.

A la fin de l’exposition, le visage d’Ed Van der Elsken apparaît sur un écran. Vieillissant, l’artiste livre un dernier témoignage de sa vie et évoque sa maladie. Le documentaire s’appelle Bye, et vient ainsi clôturer avec beaucoup de tendresse une vie intensément riche, rythmée par de grands voyages et de magnifiques rencontres qu’il a su sublimer à travers son objectif.

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Exposition « La vie folle » Ed Van Der Elsken – Jeu de Paume à Paris – Du 13 juin au 24 septembre