CINE « MA COUSINE RACHEL » DE ROGER MICHELL

Ma cousine Rachel

Il faut croire que les talents d’écriture de Daphné du Maurier inspirent les réalisateurs. Alfred Hitchcock avait déjà adapté au cinéma plusieurs de ses romans : « Rebecca », « La Taverne de la Jamaïque » ou encore « Les oiseaux ». Des films qui, il faut le dire, n’avaient pas beaucoup plu à la romancière. Cette fois-çi, c’est Roger Michell qui tente une adaptation cinématographique du célèbre « Ma cousine Rachel ». L’histoire sombre d’un noble anglais, Philip, qui va voir son quotidien bouleversé lorsque son cousin, qui l’a élevé comme un fils, va décéder mystérieusement en Italie, auprès d’une de leur cousine prénommée Rachel, qu’il venait tout juste d’épouser. Très vite le jeune homme va vouloir chercher à comprendre les causes de la mort de celui qu’il a chéri pendant des années. Il trouvera de multiples réponses quand cette cousine viendra soudainement lui rendre visite.

Adapter un livre pour le cinéma parait d’office très périlleux. Surtout un livre de Daphné du Maurier. La romancière a un talent fou pour décrire un lieu, une émotion, un personnage. Elle maitrise également à la perfection l’art du mystère. Lire un de ses romans, c’est à chaque fois la promesse de plonger dans une atmosphère particulière, l’assurance de se délecter d’une intrigue passionnante.

Je n’ai malheureusement pas retrouvé toutes les qualités du livre dans ce film. Tout le début est bien trop rapide. Alors que Daphné du Maurier prenait soin dans son ouvrage de décrire les liens qui unissaient les personnages, de créer une atmosphère, de faire monter doucement le suspense au fil de la narration, dans le film, la relation fusionnelle entre les deux cousins, et la mort brutale du plus âgé sont bien trop vite expédiés. Il est également très décévant de découvrir Rachel si rapidement dans le film, sans même avoir susciter une quelconque envie chez le spectateur. En lisant Daphné Du Maurier, c’est simple, on meurt d’envie de rencontrer cette femme si mystérieuse.

La suite du film semble assez fidèle au livre, mais elle manque clairement de saveur. Un point important est trop souvent absent du film : Philip est anéanti par la mort de son cousin puis terriblement troublé par ce qu’il devient et ce qu’il ressent. Dans le film, il passe quelque peu pour un homme sans états d’âme, complètement sot et obnubilé par cette cousine. Enfin, dans le film, tout parait bien trop évident. Le livre est mystérieux de bout en bout, l’intrigue tient en haleine, et jamais le lecteur ne détient totalement les clés de l’énigme. Dans cette adaptation, les scènes sont trop explicites et certaines manquent même fortement de délicatesse. Un chef d’oeuvre littéraire pour une adaptation bien trop décevante.

« Ma cousine Rachel » de Roger Michell – Actuellement en salles