CINE « THREE BILLBOARDS » DE MARTIN MCDONAGH

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Mildred Hayes est une femme meurtrie, animée par la vengeance. Sa fille a été retrouvée morte, violée. Pour ce meurtre, aucun coupable ne croupit en prison. Pas d’arrestation, pas l’ombre d’une piste, en bref une enquête bâclée. Pour la mère de famille, pas question de classer l’affaire sans suite. Alors que trois panneaux publicitaires sont abandonnés depuis des années à l’entrée de la ville, elle décide de les louer et de faire passer un message à tous les habitants de cette petite bourgade des Etats-Unis. Mildred Hayes accuse ouvertement le chef de la police de ne pas avoir tout fait pour retrouver le meurtrier de sa fille. Et peut importe que ce dernier soit atteint d’un cancer, que son initiative soit décriée ou qu’elle soit seule à mener le combat : Mildred fera tout pour obtenir justice.

Qui de mieux que Frances McDormand pour interpréter cette mère vengeresse ? Très justement récompensée aux derniers oscars, elle crève l’écran. Quelle justesse, quelle maitrise. Mais ce film est aussi réussi parce que sa remarquable héroïne est entourée de personnages complexes et surprenants. Ils sont tous bien moins crétins qu’ils ne le laissent penser au départ. Le chef de police apparaît en premier lieu très brut de décoffrage mais se révèlera être un homme de cœur avec une très belle plume. Le gérant des panneaux publicitaires sera roué de coups, mais pas grave, il saura, à la surprise générale, pardonner. L’ex de Mildred, un homme rustre et violent ? Il se montrera finalement prévenant et touchant. Mais celui qui marque profondément les esprits, c’est l’enquêteur benêt qui vit encore avec sa mère, se saoule du matin au soir et tabasse occasionnellement les noirs qu’il croise sur sa route. Un être profondément perturbé qui finira par surprendre et devenir un personnage clé de l’histoire.

Toute la beauté de ce film réside à mon sens, dans cette once d’humanité présente dans chacun des personnages. Face à l’adversité, à cet individualisme exacerbé, chacun semble avoir besoin de l’aide de l’autre pour trouver un peu de sérénité. Un très beau film, un casting inoubliable, et surtout une Frances McDormand inoubliable encore plus remarquable que dans le célèbre Fargo des frères Cohen : c’est dire !