LIVRE « LA BLESSURE LA VRAIE » DE FRANÇOIS BÉGAUDEAU

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Avant de voir le film, lire le roman qui en est inspiré. Avant de voir Mektoub my love, lire donc le roman de François Bégaudeau La blessure la vraie, dont s’est inspiré Abdellatif Kechiche pour son film.

François Bégeaudeau maîtrise à merveille l’art de traduire les pensées adolescentes. Déjà dans Entre les murs, il entrait avec brio dans leurs têtes, nous faisant ressentir leur moindres émotions, leurs craintes, leurs doutes, leurs questions existentielles. Dans ce livre paru 2011, on retrouve cette même vitalité, cette même insouciance propre à la jeunesse. Une bouffée d’air frais.

C’est l’histoire de François 15 ans, un littéraire, très bon en anglais, il répète à qui veut l’entendre qu’il a eu 17,1 de moyenne au troisième trimestre, venu passer ses vacances d’été à Saint-Michel-en-l’Herm. Un jeune homme aux idées politiques bien arrêtées, qui se qualifie de communiste tendance léniniste. Au cours de longs monologues, où le lecteur est invité à connaître les moindres tourments du jeune homme on apprend surtout qu’il est puceau et que cet été 86 ne prendra pas fin avant qu’il ait pu perdre sa virginité. Tout y passe : la taille de son sexe, son bouton près de la lèvre, cette nouvelle voix grave qu’il maîtrise mal ou encore ce petit duvet sous le nez que François coupe aux ciseaux.

Dans cette longue quête afin de trouver enfin celle qui le fera devenir un homme, le personnage est entouré de nombreux copains, tous plus déjantés les uns que les autres.  Joe, son meilleur ami, son modèle, qui ne change jamais de vêtements mais que ça n’empêche pas d’emballer toutes les filles qui passent. Stéphane, fou de musique qui cette année 86 s’est passionné pour l’Afrique, fièrement vêtu d’un t-shirt Bob Marley et muni d’un bracelet anti-sueur aux couleurs de l’Ethiopie. Il y a aussi Cédric et sa dent noire de devant, et qui comme dit François « plus c’est gros plus ça passe » arrive à séduire les filles. Il y a également bien évidemment les filles : Cathy, la soeur de Cédric mais trop jeune pour François qui ne fait pas « dans le baby-sitting », Charlotte « la bourge » ou encore Mylène vue par le personnage principal comme un « dernier recours ». Le casting ne serait pas complet, si on oubliait la mère Baquet, que François cite à l’envi, une femme experte en commérages, qui ne peut s’empêcher de donner son avis sur tout et surtout sur tout le monde.

Un joli livre, qui décrit avec brio les premiers émois amoureux. Un texte plein d’humour et de tendresse, bourré de fraîcheur et d’insouciance. Une période où le simple sourire d’une fille peut enflammer un coeur et son départ provoquer « une catastrophe nucléaire comme Nagasaki ». Tout dans l’excès, exister à 100% sans aucune contrainte avec un seul objectif : jouir de la vie. Réjouissant.

Ps : Par contre, après avoir visionné la bande-annonce de Mektoub my love, je ne vois pas en quoi le livre a inspiré l’histoire d’Abdellatif Kechiche … mise à part l’adolescence, et ses premiers émois amoureux pendant un été…