LIVRE « QUI A TUÉ MON PÈRE » D’ÉDOUARD LOUIS

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Edouard Louis, comme dans son premier roman En finir avec Eddy Bellegueule a souhaité à nouveau évoquer sa famille, et plus particulièrement axer le récit sur son père. Dans un texte court et rythmé par ses souvenirs, l’auteur évoque les incompréhensions entre un père et son fils, et la frontière ténue entre l’amour et la haine.

Dans un texte court d’environ 70 pages, il est question dans ce livre d’une relation père/ fils malmenée, faite d’incompréhension et de non-dits. Edouard Louis a bien des choses à dire à son père. Plein de rage, d’interrogations, l’auteur interpelle son père et se remémore des souvenirs parfois violents, souvent complices. Loin de régler ses comptes il est plutôt ici question de pardon. Tenter de comprendre un père bien plus complexe qu’il n’y parraissait au départ. Des cris, des insultes après le vol d’une cassette puis la protection du fils au commissariat, des refus et du mépris face à un cadeau d’anniversaire demandé qui finira par être acheté et déposé près du lit…

Dans une deuxième partie, le livre vire au pamphlet politique. L’auteur explique comment les différentes personnalités politiques qui se sont succédées et les mesures qu’elles ont pu prendre ont brisé son père à tout jamais. Edouard Louis accuse et donne des noms. Jacques Chirac et Xavier Bertrand sur le non-remboursement de certains médicaments, Nicolas Sarkozy et Martin Hirsch avec le RSA ou encore François Hollande et la loi travail. Enfin, une dernière pique adressée à Emmanuel Macron, l’affaire du costard et les fainéants. A petit feu, il semble que c’est eux qui ont tué son père.