EXPO – « CARAVAGE A ROME » AU MUSEE JACQUEMART ANDRÉ

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Difficile de rester impassible face à la beauté des oeuvres de Caravage. Un artiste à la vie courte et violente, qui a néanmoins révolutionné l’art occidental du XVIIème siècle par son usage novateur du réalisme et du clair obscur.

L’exposition, située à l’étage du musée Jacquemart André, vous en met plein la vue dès l’entrée, avec un chef d’oeuvre signé Caravage commandé pour une chapelle et intitulé Judith décapitant Holopherne. Tiré d’une scène biblique, le drame qui se présente sous les yeux du visiteur est à couper le souffle. Dans un geste désespéré, Holopherne s’agrippe à son draps dans ce qu’il lui reste de force, tandis que la jeune veuve sans pitié achève sa victime sous le regard impitoyable d’une vieille servante marquée par les rides, soulignant le contraste avec la beauté juvénile et éclatante de la meurtrière. Plus loin, David et Goliath, peinture tout aussi maitrisée offrant une mise à mort sanglante.

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Puis vient le temps des commandes privées, et les peintures d’après un modèle vivant. Le jeune Saint Jean-Baptiste au bélier est un exemple de la maitrise parfaite selon moi du clair obscur. Un jeune homme athlétique à demi allongé, le bras autour du cou d’un bélier et la tête tournée avec malice vers le visiteur. La précision du corps, du dos aux cuisses est remarquable. Le personnage est dans une lumière claire, magnifié, contrastant avec l’obscur du décor au second plan.

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Plus loin, une salle nommée « Images de la méditation » propose deux oeuvres majeurs de Caravage : Saint Jérôme écrivant et Saint François en méditation, deux tableaux qui représentent un seul et unique personnage, « la figura solo », chère à Caravage et à ses suiveurs. Des oeuvres sur la vieillesse et le temps qui passe, la lumière axée sur les rides et le corps marqué en contraste avec l’obscur du lieu apportant sagesse, sérénité et solennité.

Une dernière salle expose la chute de Caravage : le crime accidentel dont il est coupable en 1606. Sont exposées deux mêmes versions d’une même oeuvre baptisée Madeleine en extase, peintes pendant la fuite de l’artiste. Peu ordinaire, les deux tableaux offrent des similitudes mais aussi des contrastes. Exposition vivement conseillée, tant pour la beauté des peintures exposées de Caravage que pour le sublime demeure qui accueille le musée Jacquemart André.

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Caravage à Rome – Du 21 septembre au 28 janvier au musée Jacquemart André à Paris