THEATRE – « PLAIDOIRIES » AU THEATRE ANTOINE

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Passionnant ! Seul en scène, Richard Berry énonce de grandes plaidoiries qui ont marqué la France ces cinquante dernières années. Mais petit bémol, un parti pris est choisi pour chaque affaire ..

Cinq grandes histoires sont ici présentées, cinq grandes plaidoiries qui ont marqué les esprits. Il y a le cas Véronique Courjault : cette femme qui a assassiné trois de ses enfants. Une plaidoirie qui lève le voile sur le tabou du déni de grossesse. Cette femme doit-elle être emprisonnée, cette mère de famille est-elle un danger pour la société ?

Puis vient le procès de Maurice Papon qui revisite les heures sombres de l’histoire. Cet homme qui a connu les honneurs de la République est jugé pour crime contre l’humanité, accusé d’avoir contribué à des arrestations et des déportations.

Débute ensuite le procès de Christian Ranucci, et cette célèbre histoire du « Pull over rouge« . Ce jeune homme, taiseux, est-il coupable de la mort de la petite Marie-Dolorès Rambla ? Ses aveux sont-ils des preuves irréfutables ? Condamné à mort, alors que le dossier possède de nombreuses zones d’ombres. Le spectateur s’interroge alors : le doute n’aurait-il pas dû profiter à l’accusé ?

S’enchaine alors le procès des familles de Zyed et Bouna, deux adolescents morts électrocutés dans un transformateur EDF. Les policiers sont-ils coupables de leur mort, ou du moins coupables de non assistance à personne en danger pour ne pas les avoir prévenu du danger ? Ou au contraire, le risque pris par les deux jeunes en fuite, refusant de coopérer avec les forces de l’ordre, est-il plus condamnable ?

Enfin, Gisèle Halimi défend l’avortement en 1972, demandant à ce que chaque femme puisse disposer de son corps. La loi Veil sera promulguée quelques années plus tard…

Un moment de théâtre passionnant, très bien ficelé, avec, en amont de chaque plaidoirie, l’affaire recontextualisée à l’aide d’images d’archives. En fin de prise de parole, le spectateur connaît l’issue de chaque procès et les peines prononcées. Seule critique, il est un peu dommage de n’avoir qu’un point de vue à chaque plaidoirie. Il manque l’avis contraire pour se faire une idée globale, le spectateur (dont le rôle s’apparente au juré) souhaite forcément se faire sa propre opinion sur ces différentes affaires.